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Afficher la version complète : Construction d'une Baïdarka deux places



Carry-Boo
23/08/2010, 21h01
Chapitre 1 : de l'évolution d'un projet.

Dans l'esprit européen de notre forum, j'avais tout d'abord envisagé d'appeler ce post «Construction d'une BZH» (pour Baïdarka Zwei-Hole) mais à la réflexion, ces initiales me disant vaguement quelque chose :), j'ai préféré faire plus simple (dans le but, essentiellement, de ne pas m'attirer les foudres de bon nombre de forumeurs pour plagiat, contrefaçon, voire atteinte à l'identité régionale...:D).
Depuis quelques temps déjà (le Sea Glider était encore en chantier), me trotte dans la tête l'idée de construire un bateau qui me permettrait, entre autre, d'emmener ma chère et tendre pour quelques ballades tranquilles sur nos belles étendues salées et de sortir dans des conditions plus engagées avec un kayakiste affuté (type utilisateur de Sea Glider de ma connaissance...).
Les paramètres de départ étant définitivement fixés (enfin c'est ce que je croyait ;)), j'envisageais la construction d'un kayak 2 places, en contreplaqué et entièrement peint en noir.
Après quelques recherches sur différents sites et ouvrages divers ainsi que plusieurs essais infructueux de réalisation d'un K2 sur kayak Foundry (je ne maîtrise vraiment pas FreeShip :mad:), mes certitudes ont peu à peu évoluées : ce sera bien un bi-place, mais ce kayak sera une baïdarka et ce sera la baïdarka USNM 160336 dont le plan et les cotes figurent sur le site de David Zimmerly.


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A bien réfléchir à la méthode de construction à employer, ayant investi dans un stock de Red Cedar plutôt conséquent en vue de futurs projets et n'ayant pas trouvé localement de CTP 3 ou 4mm extérieur, une autre de mes certitudes s'est effondrée : cette baïdarka sera en strip-planking de Red Cedar.
Exit donc l'idée du contreplaqué...
C'est mon épouse qui a fait tomber ma dernière certitude : il serait quand même dommage de peindre en noir un bateau entièrement réalisé en Red Cedar... Un compromis est donc rapidement trouvé : la coque sera peinte en noir et le pont sera en bois naturel vernis.
Exit donc l'idée du bateau entièrement peint...

Le projet, cette fois clairement défini (mais sous réserve de nouvelles modifications...), je m'arme de mon matériel d'architecte naval : les 11 couples sont rapidement tracés à l'échelle 1/1 puis réduits au 10ème en vue de la réalisation d'une maquette. Le but de ce modèle réduit est d'une part de visualiser le produit fini et surtout de vérifier qu'il n'existe pas de soucis majeurs dans le relevé des cotes fournies par D. Zimmerly. Au 1/10ème les lignes générales de la Baïdarka semblent plutôt cohérentes.


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photo non contractuelle/suggestion de présentation/pour votre santé faites du kayak
(merci à Quentin pour le photomontage)

BernardG29
24/08/2010, 19h15
bravo pour ce projet, c'est donc reparti pour un tour...

nul doute que ce kayak sera aussi réussi que les précédents!

pour ma part en ce moment, je... découpe des cloisons, eh oui. L' Outer Island en petites lattes est en route, du moins le moule.

bon courage et bonne chance, ami drogué !

Carry-Boo
25/08/2010, 10h19
Me volià rassuré, l'Outer Island est en route :D
La méthode de construction de la Baïdarka diffère assez fortement des habituelles constructions en strip planking (c'est très long et il est parfois nécessaire de se méfier de ses nerfs...;))
D'autres post suivront donc (en attendant déjà au moins 2 voire 3 autres projets qui commencent doucement à mûrir... Comment ça drogué ????;))
Bon courage à toi et tiens-nous au courant de l'évolution de ton projet.

Carry-Boo
30/12/2010, 19h09
Chapitre 2 : de la relative difficulté de travailler à partir d'un relevé.

Le résultat au 1/10ème semble satisfaisant. Cependant, les données de D. Zimmerly sont issues d'un relevé réalisé sur un bateau ancien dont la structure a pu travailler et se déformer avec le temps. En conséquence, une représentation graphique est réalisée pour chaque ligne de structure (quille, bouchains, bauquières et lisse de pont) en exagérant volontairement les hauteurs et les largeurs (grossies 4 fois par rapport à la longueur du bateau).
Ces représentations graphiques permettent de visualiser les éventuels lissages qui devront être réalisés pendant la construction.
Les différents graphiques réalisés (14 au total) confirment la fluidité des lignes à l'exception des représentations de la lisse de pont et de la quille.
Il apparaît par exemple évident sur le graphique ci-dessous que la hauteur de la quille au niveau des couples 6 et 7 devra être abaissée afin d'obtenir une ligne de quille fluide et qu'en conséquence il sera peut-être nécessaire de modifier toutes les données relatives à ces deux couples.


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Sachant qu'il est difficile d'extrapoler l'incidence qu'aura la modification d'une des données d'un couple sur les autres données de ce même couple (voire de l'ensemble du bateau !), le mannequin est réalisé en se basant sur les données de D. Zimmerly, les corrections nécessaires seront apportées au fur et à mesure de la construction du mannequin si besoin est.
Les couples sont donc tracés et découpés dans du CTBH de récupération et la quille, les différentes serres, autres lisses et bauquières sont débitées dans le stock restant de la construction du SEA GLIDER.


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BernardG29
30/12/2010, 21h23
Waouh, pas évident à interpréter, tout ça !

Carry-Boo
30/12/2010, 23h43
Ouais... et le plus dur reste à venir... :(

Carry-Boo
01/01/2011, 18h38
Chapitre 3 : de la réalisation du mannequin.

Le mannequin est réalisé quille en bas. Toutes les opérations décrites ci-après font l'objet d'un contrôle permanent des alignements et des équerrages.
Ordre des opérations :
- création du support (chantier).
- fixation par vissage des cales destinées à recevoir la quille (cales dont les hauteurs sont déterminées par les données de D. Zimmerly).
- pose de la quille sur le support. Pour ce faire, la quille est fixée sur les cales d'extrémités et vissée sur le support au niveau du point le plus bas (couple 5). Cette technique permet d'obtenir un arrondi harmonieux de la quille et nécessite de réduire légèrement les cales des couples 6 et 7 (comme le laissait supposer le graphe réalisé et repris dans le post précédent). Une fois l'arrondi le plus parfait possible obtenu, la quille est vissée dans chaque cale.
- pose et collage des couples sur la quille.


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- pose, collage et vissage de la lisse de pont sur les couples. La lisse est posée sans forcer sur chaque couple. Un lissage s'avèrera nécessaire au niveau des couples 4, 5 et 9 qui seront réhaussés (jusqu'à +1,5 cm pour le couple 5).
- pose, collage et vissage des bauquières : même mode opératoire que pour la quille et la lisse de pont sachant que l'harmonie des lignes doit, pour ces éléments, être vérifiée dans les 3 dimensions. Seul un léger élargissement des couples 5 et 6 (1 mm de chaque coté) au niveau des bauquières s'avèrera nécessaire ainsi qu'au niveau du couple 1 sur lequel les bauquières seront abaissées de 1,5cm.


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- pose des réhausses de pont sur les couples 4, 5 et 9.


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- pose des formes de proue (non impératif) et de poupe.


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- cassage de tous les angles supérieurs;
- retournement du mannequin
- vissage de la quille dans les couples
- cassage de tous les angles inférieurs
- remise en place du mannequin sur le chantier, quille en bas,
- masquage des tranches des couples, de la lisse de pont, de la quille et des bauquières (ruban adhésif, film plastique alimentaire ou autre) afin d'éviter le collage des lattes sur le mannequin,
- vérification définitive des alignements.


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Les opérations de lattage de la coque peuvent maintenant débuter...

BernardG29
02/01/2011, 00h57
eh bien dis donc ça démarre sur les chapeaux de roues !

On repère déjà des zones qui ne vont pas être simples à latter: l'avant et l'arrière sont super complexes. Je pense que tu vas te faire plaisir ...

Carry-Boo
02/01/2011, 20h56
"Sur les chapeaux de roues"... façon de parler...:(
Comme le laisse en effet supposer certaines photos "printanières", ce projet est en cours depuis...février 2010 !!!
De multiples impératifs ne m'ont malheureusement pas permis d'avancer cette construction et de poster sur le sujet comme je l'aurais souhaité :(
Par contre je te confirme : c'est , à ce jour, la construction "la plus hard" que j'ai eu à connaitre !!!!
A suivre donc :cool:

BernardG29
02/01/2011, 21h42
je suppose que tu connais déjà, sur le site Laughing Loon il y a de jolies photos de baïdarkas en petites lattes.

On y voit bien l'arrière; je crois que l'avant a été beaucoup stylisé pour simplifier la construction.

En ce qui me concerne je risque d'être au chomage technique pendant quelques temps, j'ai cassé le moteur de la voiture aujourd'hui ... donc achats de fibre de verre et de résine reportés sine die.:(

Je me consolerai en suivant la construction de ta baïdarka...:) amuse toi bien !

Carry-Boo
02/01/2011, 22h03
"Merde", sale coup pour toi (la bagnole et surtout le "reste"... keep the fingers crossed :)!!!).
Pour te faire patienter avant que les choses ne s'arrangent TRES PROCHAINEMENT pour toi, en plus du post sur la Baïdarka tu auras certainement très rapidement droit à un nouveau post sur un projet de kayak ouest-groenlandais en contreplaqué... Pour l'instant seul le modèle au 1/10ème est en cours de finalisation et il me semble plutôt prometteur... :cool:

BernardG29
03/01/2011, 14h05
tu m'intéresses... un dessin maison?

Carry-Boo
03/01/2011, 21h19
Oui plan perso, mais bateau dont l'allure générale est fortement inspirée d'un kayak existant...
Quelques indices : bateau fortement gironné et à quille concave... mais... un peu de patience, le projet mûri doucement...(pas impossible cependant qu'il commence à éclore de conserve avec la Baïdarka en cours...) :cool:

Carry-Boo
19/02/2011, 23h25
Chapitre 4 : du lattage de la coque.

Les lattes (épaisseur 6 mm) sont débitées dans des planches de Red Cedar de 620 cm x 3 cm. On obtient donc des lattes de 620 cm de long, de 3 cm de large et de 0,6 cm d'épaisseur. Il est d'usage lors de constructions en strip planking d'utiliser des lattes d'une largeur moindre afin d'obtenir facilement de beaux arrondis. Ceci ne s'applique pas à cette construction puisque la coque est constituée de bouchains vifs aux lignes de fuite peu gironnées.

Pour cette construction, l'assemblage des lattes se fera « bord à bord » (lattes non bouvetées).
La coque comporte plusieurs bouchains. Le lattage doit donc être réalisé en respectant la forme de chaque bouchains. Pour ce faire, il est donc nécessaire de procéder au lattage de chaque bouchain de la façon suivante :
- mise en place, par agrafage sur les couples, de la latte haute du bouchain,
- mise en place, par agrafage sur les couples, de la latte basse du bouchain,
- l'espace restant entre les deux lattes (quand il existe) est ensuite comblé par des lattes découpées en forme et collées entre les lattes supérieure et inférieure de chaque bouchain précédemment posées.


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La grande difficulté dans ce type de construction réside dans la réalisation des lattes destinées à combler les espaces restants entre les lattes haute et basse de chaque bouchain, obligeant parfois à la réalisation de lattes d'assez grande longueur pour de très faibles largeurs. Ceci implique de faire de nombreux raccords dont l'esthétique discutable implique l'application d'une peinture sur la coque (ça tombe bien, c'est ce qui est prévu ;)).

Bien entendu un léger lissage est parfois nécessaire lors de la pose des lattes. Pour ce faire les lattes sont tout d'abord maintenues en place sur un des couples centraux (par agrafe au cas présent) puis sur les couples non directement adjacents afin d'éviter l'obtention de ligne de bouchains discontinues (par exemple : agrafage de la latte sur le couple 5 puis sur le couple 3 ce qui permet à la latte de se mettre naturellement en place sur le couple 4 et ainsi de suite).
A noter que n'étant pas bouvetées, bon nombre de lattes doivent être rabotées afin d'assurer une surface de collage la plus parfaite possible.

La partie haute de la coque est lattée sur une surface maximum afin de donner à l'ensemble une certaine rigidité nécessaire pour l'opération de "retournement" qui va suivre. A noter "qu'un peu de gras" est laissé en haut des lattes de liaison coque/pont afin qu'elles puissent être chanfreinées lors du montage du pont.


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Après lattage de la partie haute de la coque, l'ensemble est retourné et posé sur bers. Le lattage de la partie basse de la coque peut maintenant être réalisé selon la même méthode que précédemment.

La poupe à la forme très particulière est laissée de côté, son lattage étant impossible à réaliser à ce stade de la construction.


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Une fois le lattage de la coque achevé, cette dernière est retournée et posée sur bers afin de pouvoir attaquer la proue et la poupe.

BernardG29
24/02/2011, 21h45
pfff... impressionnant !

Guillaume29900
20/08/2011, 13h01
zut il manque la suite du chantier, où en es-tu Carry-Boo?

Carry-Boo
20/08/2011, 22h31
Le chantier a bien avancé mais je n'ai malheureusement pas trouvé le temps de poster sur le sujet... :mad:
Promis, un petit post très prochainement !!! :)

Guillaume29900
20/08/2011, 22h55
merci ;)

je viens de lire que dis-je dévorer ton sujet sur le Sea Glider, heureux fiston... ;D

Carry-Boo
11/11/2011, 19h49
Chapitre 5 : réalisation des étraves.

La proue :
Après avoir défini les caractéristiques générales de l'ouverture (longueur de la découpe, espace entre les deux pointes), la coque est découpée afin de pouvoir recevoir les éléments constitutifs de la pointe bifide. Ces éléments sont ensuite réalisés en bois massif et contreplaqué, assemblés entre eux puis réservés avant leur montage définitif qui n'interviendra qu'après la stratification intérieure de la coque.
Bien qu'assez compliqué à conceptualiser, la réalisation de cet ensemble ne présente pas de difficultés particulières.


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La poupe :
Sur une baïdarka construite traditionnellement, la toile donne d'elle même la forme de la poupe.
Le problème est tout autre pour une construction en strip-planking. Il faut, en effet, à l'aide de lattes, réussir à donner à cette pièce sa forme tulipée si particulière. La question est donc : comment, à partir de pièces droites, réussir à obtenir une forme arrondie complexe ?
Plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- tailler directement la pièce dans la masse puis l'évider,
- réaliser un mannequin et mouler la forme avec de la fibre et de la résine,
- réaliser cette pièce en "lamellé collé".
Bien que n'étant pas, a priori, la plus aisée à mettre en oeuvre, cette dernière solution est retenue.
Dans un premier temps, la forme souhaitée est directement "shappée" dans un bloc de polystyrène et mise en place sur le dernier couple.
Puis est fixée, sur cette forme, à l'aide de serre-joints, pinces et autres agrafes une première couche de fines lattes de 2 mm d'épaisseur, épaisseur permettant une très grande flexibilité. Sont ensuite contrecollées sur cette première couche plusieurs autre couches de lattes afin de s'approcher au plus près de la forme définitive.
Le bloc de polystyrène est ensuite oté et une dernière couche de lattes est posée à l'intérieur de la poupe afin de solidariser correctement la liaison coque/poupe.
La pièce est enfin retouchée à la pâte à bois et au mastic puis mis en forme définitivement par ponçage.
La complexité et le temps de réalisation de cette pièce touchant au diabolique, il convient, si vous êtes un jour tentés par l'expérience :
- de ne pas être sujet à la déprime,
- de s'inscrire à un cours de yoga,
- de s'imprégner de culture boudhiste,
- et surtout de s'acheter des nerfs de rechange...


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Paul22620
12/11/2011, 09h06
Joli boulot ! Je ne connaissais pas ce chantier-là, mais seulement celui du Carry Boo. D'ailleurs certaines photos soulèvent plein de questions qu'il me faudra absolument te poser :rolleyes:
Vivement la suite :)

Gregoire
12/11/2011, 09h34
Magnifique ! Après ce long week-end, les avancées se verront certainement encore plus :D

Guillaume-14
12/11/2011, 18h39
Félicitations Stéphane !

charlesV20
23/11/2011, 21h00
bonsoir, quelle est la fonction de l'encoche à l'avant d'une baidarka?

mau.len
23/11/2011, 21h25
Manger les vagues ;)

charlesV20
23/11/2011, 21h31
Manger les vagues ;)
un coup d'egoïne dans mon ponté et ça va gnacké dur!

Carry-Boo
23/11/2011, 21h59
Bien vu mau.len ! ;)
Mais je me réserve le droit de commettre, très prochainement, une réponse un peu plus complète à la question de Charles !

Carry-Boo
23/11/2011, 22h15
Chapitre 6 : lattage du pont


Le pont étant prévu rester en bois naturel, il est nécessaire, dans un premier temps, de déterminer la façon dont seront placées les lattes. Ainsi donc, les lattes sont conservées (et numérotées) dans l'ordre et le sens de la découpe effectuée lors du délignage des planches.

Les premières lattes posées sont celles du milieu, elles sont chanfreinées afin d'assurer le meilleur contact possible entre elles lors du collage.
Ces lattes sont certainement les plus difficiles à réaliser car ne souhaitant pas avoir de raccord ou de scarfs apparents (les scarfs éventuels sont en conséqunce réalisés au niveau des trous d'hommes) il est nécessaire de pouvoir ployer de manière conséquente ces deux premières lattes afin qu'elles épousent au mieux la forme de la poupe.
Pour ce faire l'intérieur de ces lattes est entaillé sur une épaisseur qui doit être la plus régulière possible afin d'obtenir l'arrondi le plus parfait possible. De même, et dans le même but, l'espacement des entailles varient en fonction de la courbure de l'arrondi (entailles de moins en moins espacées au fur et à mesure que l'arrondi s'affirme).


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La pose peut alors commencer.
Pour éviter l'utilisation d'agrafes j'utilise des "serre-lattes faits maison" de différents modèles. Le but de ces "serres-lattes" étant de pouvoir à la fois presser les lattes entre-elles lors du collage et de les maintenir sur les couples.


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Bien entendu, comme pour la coque, il convient de contrôler, visuellement et en permanence, la fluidité de la tonture et du bouge lors de la mise en place de chaque latte (et donc de réhausser éventuellement au niveau de certains couples afin d'obtenir les lignes les plus fluides possibles).
Les dernières lattes posées, le plat bord est arasé en gras afin d'éviter d'éventuelles mauvaises surprises lors de l'assemblage pont/coque qui interviendra ultérieurement.


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charlesV20
23/11/2011, 22h49
Manger les vagues ;)
il semblerait que tu ne sois pas loin d'avoir raisonhttp://books.google.com/books?id=oGFHP-79tnQC&lpg=PA8-IA3&dq=baidarka&pg=PP1#v=onepage&q&f=false page 6 (je n'ai pas encore tout lu, mais c'est une mine d'or)

Carry-Boo
23/11/2011, 22h54
En effet, toutes les réponses sont dans cette "sainte écriture" de G. DYSON !!!

mau.len
23/11/2011, 23h17
il semblerait que tu ne sois pas loin d'avoir raisonhttp://books.google.com/books?id=oGFHP-79tnQC&lpg=PA8-IA3&dq=baidarka&pg=PP1#v=onepage&q&f=false page 6 (je n'ai pas encore tout lu, mais c'est une mine d'or)

Et oui ... :)
Il faut lire ce qu'il dit sur la vitesse de ces superbes bateaux.

Carry-Boo
28/11/2011, 21h19
Chapitre 7 : pose des cloisons - stratification intérieure – assemblage pont/coque


A ce stade de la construction, les 6,40 mètres de la Baïdarka induisent une souplesse conséquente de la structure. Les risques de déformation (vrillage) de la carène étant important, la stratification n'est pas envisageable en l'état.
Afin de rigidifier transversalement l'ensemble, les cloisons de caissons et de cockpits sont créées, mises en place puis collées à l'epoxy en ayant pris bien soin de vérifier les alignements et l'absence de torsion de la coque.
Les six cloisons ainsi installées définissent, dans l'ordre : la pointe avant qui fera office de (petite) réverve de flottabilité, le caisson avant, le cockpit avant, le caisson central, le cockpit arrière, le caisson arrière et la pointe arrière qui fera, elle aussi, office de (petite) réserve de flottabilité.
La cloison arrière est complètée par l'ajout d'une pièce en forme obtenue par lattage, destinée à assurer le collage de la partie arrière du pont (arrondi de la poupe).
La pointe avant bifide est posée à ce stade de la construction.


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Le gros "oeuvre bois" de la coque et du pont étant terminé, la stratification intérieure de la coque, des emmenagements et du pont peut être réalisée.
L'intérieur de la coque, y compris la poupe, est stratifiée en taffetas 110g/m2 via deux demi lés se chevauchant sur 10 cm au niveau de la quille renforçant ainsi longitudinalement la structure. Les zones d'assise des cockpits reçoivent un pièce de renfort de 50cm x 45 cm en 110g. Les lès sont taillés gras afin de pouvoir recouvrir sur un ou deux cm les cloisons adjacentes
Les cloisons sont traitées en taffetas 110g sur les faces "cockpits" et en 220g sur les faces "caissons". Comme pour la coque, les pièces de tissus des cloisons sont taillées en gras afin de pouvoir recouvrir la coque sur un ou deux cm.
La pointe bifide est stratifiée en taffetas 110g.
L'intérieur du pont est stratifié en 110g/m2 , des pièces de renfort en 220g/m2 étant judicieusement placés dans les zones d'hiloires et de trappes de caisons.
Après ponçage, tous les intérieurs reçoivent une couche de "glaçage" époxy + charge (l'emploi de la charge permettant d'alléger le mélange et de faciliter le ponçage à venir).


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La stratification intérieure étant terminée, l'ensemble est finement poncé. L'intérieur de la coque reçoit ses deux couches de peinture d'apprêt (l'intérieur sera, au final, peint en rouge) en prenant soin de réserver les zones de soudures (livet et liaison haut de cloisons/pont). N'ayant pu me fournir en peinture d'apprêt rouge, j'ai, à ce stade, un peu l'impression d'avoir entrepris la construction du bateau "à Barbie"...
Le pont et la coque sont ensuite assemblés à la colle epoxy.


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Carry-Boo
28/11/2011, 21h23
Pour faire court, avantages de la pointe bifide :




Lorsque la partie inférieure est immergée (ce qui ne sera pas le cas de la baïdarka biplace en strip planking) :

réduction la résistance de vague (comme le bulbe d’étrave d’un supertanker), certains considèrent cet effet négligeable pour la baïdarka.
augmentation de la longueur de flottaison, donc augmentation de la vitesse limite théorique et de la stabilité directionnelle







Association d’une partie inférieure étroite et fine à une partie supérieure évasée et volumineuse, ce qui crée une forme concave et empêche d’enfourner car :

l’important volume de la partie supérieure (comparativement à un kayak effilé possédant un élancement avant et une section en V) augmente la poussée,
la forme concave crée un phénomène de portance : l’eau de la vague vient frapper cette forme concave et entraîne donc une pression supplémentaire.



Cela permet donc d’éviter les chocs de rencontre avec les vagues («tossage» aussi appelé «slamming») et l’enfournement, ce qui se révèle à la fois avantageux par mer de front et au surf.

Guillaume29900
28/11/2011, 22h09
merci pour ces photos et infos, pourrais-tu mettre des photos de la pointe bifide?

fabrice56
29/11/2011, 06h09
bonjour Carry-Boo
les travaux continuent donc et avancent bien! bientôt les tests ???
bon courage
fabrice56

Carry-Boo
29/11/2011, 14h15
Salut Fabrice,
Merci !
D'expérience, j'ai tendance à penser que l'assemblage pont/coque correspond à peu près à la moitié du chantier... Les tests ne sont donc pas pour tout de suite tout de suite...:cool:
Me reste, en effet, de grosses inconnues, en particulier : réalisation des sièges (j'avais mis un mois pour celui du "Carry-Boo" et là, il y en a...deux !!!), réalisation des hiloires et des trappes de caisson pour lesquelles je n'ai aucune lisibilité pour l'instant...:mad:
Mais j'espère quand même faire naviguer cette Baïdarka pour Brest 2012 !!!
A suivre donc...